27 01 2026

Conférence : Beaulieu au bord du surréalisme : quelques artistes « convertis » de la collection Brache-Bonnefoi


Conférence proposée par l’Association culturelle de l’abbaye de Beaulieu-en-Rouergue le samedi 21 février 2026 à l’abbaye de Beaulieu-en-Rouergue
Par Benoît Decron, historien d’art, conservateur en chef du patrimoine, ancien directeur du musée Soulages (2009-2025)


Beaulieu au bord du surréalisme : quelques artistes « convertis » de la collection Brache-Bonnefoi

L’après-guerre voit le retour physique des surréalistes en France : retour en grâce ou seconde impulsion ? En 1947 se tient à Paris à la galerie Maeght un événement aussi opulent que trompeur, l’Exposition Internationale du Surréalisme, avec une affiche de Joan Miró. Pour autant, le contexte a changé, avec le groupe de « La Main à Plume », la dispersion des individus, la survivance d’un mouvement surréaliste qui milite et produit dans certains pays épargnés par la guerre. Quand Geneviève Bonnefoi choisit ses artistes pour sa collection, certains ont conservé un peu de l’esprit du Manifeste de 1924, esprit métamorphosé, dans l’action politique et dans la matière. Les temps ont changé. On doit parler de cette fronde comme d’une explosion de formes qui n’est pas du tout l’abstrait pasteurisé de certains exégètes de l’École de Paris. La jeunesse des années 50 est celle de la dissidence de convertis de la seconde génération, aménageant les principes antérieurs, échappant souvent à la doxa d’André Breton. Les scories sont bien là, incandescentes, pertinentes chez ces jeunes peintres.

Cette conférence illustrée permettra d’éclairer en quoi certains artistes de la collection de Beaulieu, peintres, dessinateurs, collagistes, ont à voir avec les derniers feux du surréalisme : Claude Viseux, Simon Hantaï, Jaroslav Serpan, Claude Georges, Henri Michaux, Judit Reigl, Karskaya, Paul Duchein, Pierre Bettencourt, etc.

02 09 2025

Presse nationale : « L’abbaye de Beaulieu-en-Rouergue, dans le Tarn-et-Garonne, un écrin pour l’art contemporain », Le Monde

Tel est le titre du sixième article qui clôt la série estivale « Drôles d’endroits pour une expo ». L’historien, critique d’art et chroniqueur au Monde, Philippe Dagen, « … est parti à la découverte de [l’un des] six centres d’art installés dans des lieux insolites. Aujourd’hui, un magnifique édifice cistercien sauvé de la destruction par Geneviève Bonnefoi et Pierre Brache ».

L’article relate l’histoire de l’abbaye et de son évolution architecturale, de sa fondation au XII e siècle jusqu’au XIX e siècle où elle subit les choix de Viollet-le-Duc qui la condamnent dès lors à une vocation agricole. Mais découvrant la région, Geneviève Bonnefoi et son époux Pierre Brache, collectionneurs parisiens, tombent amoureux de cette presque ruine et l’achètent au prix fort d’une sculpture de Brancusi dont ils se défont. Nous sommes en 1959 et c’est en 1970 que l’abbaye ouvre ses portes au grand public en devenant un lieu entièrement dévolu à la présentation d’artistes contemporains lors d’expositions. Et Philippe Dagen de parachever ce « portrait » par un bel éloge : [Geneviève Bonnefoi] « a fait de l’abbaye l’un des plus beaux centres d’art de France par la sobriété et les proportions de son architecture gothique et celui où se voit le mieux l’histoire d’un art des décennies 1950 à 1970 ».

Aujourd’hui l’abbaye, léguée par Geneviève Bonnefoi au Centre des monuments nationaux en 2018, peu avant son décès, magistralement rénovée, allie patrimoine, art des jardins et art moderne dans une union aussi exceptionnelle qu’émouvante. Elle est toujours un haut lieu d’animations culturelles : expositions d’art moderne et contemporain, concerts, conférences…

Le Monde, édition papier du dimanche 31 août-lundi 1 er septembre 2025, n°25090
Le Monde, édition numérique, publié le 23 août 2025 : https://www.lemonde.fr/series-d-
ete/article/2025/08/23/l-abbaye-de-beaulieu-en-rouergue-dans-le-tarn-et-garonne-un-ecrin-pour-l-
art-contemporain_6634057_3451060.html